Mettre en place un dispositif hybride, mais pourquoi et comment ? Une étude de cas effectuée au Centre de Langues de l’Université Technologique de Chypre

Olga GEORGIADOU, Université Technologique de Chypre

L’omniprésence de la technologie dans tous les domaines de notre vie personnelle et professionnelle incite les enseignants à introduire les nouvelles technologies dans les cours de langues et à essayer de trouver des outils qui pourraient faciliter leurs cours, voire les rendre plus efficaces et dans l’aire du temps. L’Apprentissage des Langues Assisté par Ordinateur (ALAO) a été́ imaginé par Thorndike dès 1912, pourtant selon Mangenot (2005) en France tout a commencé en 1969. Certains enseignants sont sceptiques et n’osent pas intégrer les Technologies de l’Information et de la Communication dans l’Enseignement (TICE) dans leurs cours. Certains les utilisent de façon casuelle et d’autres de manière constante.
Aujourd’hui, on a tendance à créer des dispositifs hybrides, mais dans quel but ? Quel serait le profit pour les apprenants ? Et l’enseignement, pourrait-il devenir plus efficace ? De l’autre part, l’enseignant, devrait-il acquérir des compétences et connaissances spéciales en technologie afin de pouvoir utiliser les TICE dans ses cours de langue ?
L’étude effectuée au Centre de Langues de l’Université Technologique de Chypre se base sur la conception et la mise en place des dispositifs hybrides, intégrés dans des cours de Français Langue Étrangère (FLE) de premier et de deuxième niveau, et leur évaluation par l’enseignante-chercheuse et les étudiants.
Le public concerné était un public de faux-débutants hétérogène. L’hétérogénéité reposait sur le fait que les étudiants n’avaient pas tous les mêmes compétences, ni le même mode d’apprentissage et provenaient des facultés différentes. Il s’agissait donc des cours à deux vitesses. Les seuls points communs étaient qu’ils devaient accomplir certaines tâches tout au long du semestre et passer deux examens, l’examen partiel et final. Ainsi, cette étude se base sur la création des dispositifs hybrides qui pourraient répondre à tous ces paramètres.
Selon Nilssen (2007), les formations hybrides « se composent en proportions variables d’une partie distancielle ainsi que d’une partie présentielle ». Charlier et al. (2005) soulignent qu’« Un dispositif de formation hybride se caractérise par la présence dans un dispositif de formation des dimensions innovantes liées à la mise à distance ». Deschryver (2007) signale que les dispositifs de formation hybride sont « une des nouvelles modalités de formation dans l’enseignement supérieur ». Peraya (2007) partage cette opinion et souligne que les dispositifs hybrides correspondent mieux à la culture des universités européennes.