De la créativité au cœur de la restitution d’un séjour de mobilité académique court ou l’analyse d’une tentative de renouvellement du genre dans un contexte franco-japonais

Marie-Françoise PUNGIER, Université Préfectorale d’Osaka

Quoi de plus naturel pour une institution que de demander, à l’issue d’un séjour de mobilité académique internationale, à ceux qui en bénéficient, de le faire valider par le biais de l’obtention de crédits ou bien de le donner à restituer comme expérience pour de futurs candidats ?
C’est au carrefour des axes expérience/validation/restitution que se situe le travail de pratique-recherche présenté ici. Il s’inscrit dans une approche socio-anthropologique de la didactique des langues et des cultures étrangères s’intéressant aux questions de mobilité encadrée. Il se base sur une tentative de refondation, de 2013 à 2015, de la demande faite à des étudiants japonais débutants en français de restituer leur expérience de stage court de langue et de culture en France. Ses objectifs étaient d’aborder le séjour comme un moment d’interculturalité donnant matière à réflexion sur soi et les autres au-delà d’un campus donné. Le résultat en a été la publication de trois ouvrages à responsabilités partagées (étudiants/enseignants), bilingues (japonais-français), bi-médiées (textes-photos).
A travers un processus analytique qualitatif, cette pratique-recherche permet d’appréhender les relations des acteurs d’une expérience de mobilité à sa restitution et à l’introduction de pratiques innovantes en la matière – appel à la créativité de chacun, suivant trois perspectives de mise en œuvre différentes : alphabet, changement entre l’avant et l’après séjour, unicité de l’expérience vécue.
Au-delà d’une première lecture optimiste de cette tentative de renouvellement de pratiques de restitution, des difficultés surgissent concernant par exemple le décalage entre les rôles à jouer et les rôles joués par les différents acteurs impliqués, la place de l’évaluation, la qualité des contenus, etc. Finalement, cette expérience d’innovation radicale ne se heurterait-elle pas à plus fort qu’elle ?