L’implémentation de la perspective actionnelle dans l’enseignement du FLE à l’Université Libanaise : défis et perspectives

Wassim EL-KHATIB, Université Libanaise

Cette communication porte sur les difficultés de l’implémentation de la perspective actionnelle dans le cadre de l’enseignement du français langue étrangère à l’Université Libanaise (dorénavant UL), seule université publique au Liban. En effet, l’UL adhère aux principes du Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues (CECR), et le « Bureau de Langues », l’organe qui assure la fonction de pilotage de la politique linguistique de l’UL, travaille en étroite collaboration avec l’Institut Français, notamment dans le cadre du projet FSP (Fonds de Solidarité Prioritaire) signé en 2005. C’est ainsi que des programmes de FLE s’appuyant sur les principes du CECR ont été élaborés dans les différentes Facultés et que 265 professeurs de français ont pu profiter des formations à la didactique du FLE pour un volume horaire moyen de 129 h par bénéficiaire au Liban et en France (Hafez, 2011).
Malgré cette forte mobilisation, les constats des étudiants, des responsables de stages ainsi que les résultats de certaines recherches conduites à la Faculté de Pédagogie laissent croire que les principes de base de l’approche actionnelle tels que énoncés dans le Cadre ou définis dans la littérature (Puren, 2010, 2011), ne sont pas respectés.
Au vu de ces constats, la recherche dont cette communication rendra compte, tente de répondre à deux questions de base :
Les enseignants de français langue étrangère à l’UL appliquent-ils aujourd’hui les principes de la perspective actionnelle préconisée ?
Si tel n’est pas le cas, quels seraient, les facteurs qui amèneraient les enseignants à faire des choix allant l’encontre de cette perspective ?
La méthodologie utilisée consiste à mener des entretiens semi-directifs (Blanchet et Gotman, 1992) auprès d’une vingtaine (recherche en cours) d’enseignants de français dans les différentes Facultés de l’UL. Le choix de l’échantillon se base sur le principe de volontariat : sont interviewés les enseignants qui acceptent bien d’accorder un entretien au chercheur.
L’analyse des entretiens se fera selon une analyse de contenu catégorielle (Bardin, 1977) et devrait permettre de fournir des éléments de réponse aux questions de la recherche et d’assurer une meilleure compréhension de la situation relative à l’enseignement du français langue étrangère à l’UL.