Le téléphone portable comme un outil de médiation dans le développement des compétences langagières

Christine CHANUDET, Université de Poitiers

Freiderikos VALETOPOULOS, Université de Poitiers

La diffusion du téléphone portable a ouvert des perspectives inédites d’apprentissage autonome, en particulier dans le processus d’acquisition d’une langue étrangère (Chanudet 2012 ; Chinnery 2006 ; Kiernan & Aizawa 2004 ; Kukulska-Hulme & Shield 2008 ; voir aussi Burston 2013, pour une présentation de la littérature sur cette question). Tout apprenant est désormais le propriétaire inséparable de cet appareil mobile, personnel, jugé indispensable, immédiatement disponible et utilisé en permanence. D’un point de vue pédagogique, ses fonctionnalités n’ont rien à envier à celles des laboratoires de langues : capture et enregistrement de l’image et du son, possibilité d’écoute et de visionnage, diffusion et partage via le web 2.0, etc.
Notre communication se concentrera sur l’impact de l’utilisation des téléphones portables sur le développement de la compétence orale. Lors d’une autre analyse (Chanudet & Valetopoulos 2016), nous nous sommes posé la question de savoir comment -et si- on peut améliorer l’oral, suite à une expérimentation qui a eu lieu à l’Université de Poitiers (Chanudet, 2012). Cette question conduit inévitablement à plusieurs autres questions portant surtout sur l’apprenant et sur sa conception concernant l’utilisation de ce dispositif innovant. Ce dernier pourrait-il et accepterait-il d’utiliser à des fins pédagogiques une machine habituellement réservée à sa vie personnelle ? Comment l’apprenant s’approprierait-il le dispositif ? Quels aspects de ce dispositif privilégierait-il ? Quelles difficultés rencontrerait-il ? Quelles fonctionnalités jugerait-il utiles ? Quelle serait, finalement, l’utilité globale ressentie de ce dispositif ?
Afin de répondre à toutes ces questions, nous nous proposons de présenter les résultats de l’évaluation d’une expérimentation qui a eu lieu à l’Université de Poitiers, dans le cadre du projet international E-Lengua, et qui avait pour objectif la mise en place d’un dispositif pour les apprenants allophones du Centre FLE afin d’améliorer leur compétence orale.