Enseigner et apprendre en UPE2A : pour une méthodologie éducative d’inclusion scolaire

Sofia STRATILAKI-KLEIN, Université du Luxembourg

Claudine NICOLAS, CASNAV de Paris & DILTEC

RÉSUMÉ

Cette communication fera état des résultats d’une recherche en cours (CASNAV et Paris 3), cofinancée par le Fonds social européen qui se donne comme objectif d’explorer les expériences socialisatrices des enfants allophones, entre 10 et 12 ans, (et de leurs familles) au travers de leurs représentations identitaires et de leurs pratiques langagières.

Nous examinerons en particulier les liens entre la méthodologie d’enseignement du français dans des unités de scolarisation des nouveaux arrivants (UPE2A) et les apprentissages des élèves.
La diversité et l’usage des langues premières en famille ne sont pas légitimées en classe, hypothéquant ainsi leur réussite scolaire, en laissant de côté leurs compétences langagières et linguistiques acquises dans d’autres langues que le français. En particulier, nous faisons l’hypothèse que les représentations ne sont pas des images stabilisées propres à des sujets ou des collectivités, mais des versions du monde sans cesse reformulées dans les interactions entre acteurs sociaux, qui aident à comprendre la construction de leur compétence plurilingue (Coste, Moore & Zarate, 2009).

Dans notre analyse, suivant une perspective diachronique, nous envisagerons la construction évolutive du répertoire plurilingue de l’élève comme un itinéraire, constitué aussi bien d’apprentissages que d’usages des langues, en situations formelles et informelles, qui influent sur les représentations de soi et des autres.

Dans une perspective synchronique, nous nous intéresserons aux pratiques et aux représentations du plurilinguisme qui apparaissent dans les récits langagiers. Leur analyse permettra de faire ressortir des visions tantôt valorisantes (richesse, liberté, atout...), tantôt problématiques (conflits, concurrences, chaos...) des identités plurilingues et de l’appartenance, effective ou en puissance, à différentes « communautés imaginées » (Anderson 2006 ; Norton & Toohey, 2002).

Nous essaierons ainsi de donner des éléments de réponse à la question suivante : quelles sont les représentations du plurilinguisme susceptibles de favoriser la (re)construction d’identités plurielles « pacifiées » et améliorer leur apprentissage de la langue de scolarisation ?

C’est à partir de l’analyse des données recueillies lors des entretiens semi-directifs avec les élèves, leurs parents et leurs enseignants, que nous proposerons des formations enseignantes.

Dans un premier temps, les enseignants seront amenés à réfléchir sur leur propre expérience du contact des langues pour prendre conscience des difficultés d’apprentissage du français par l’élève allophone.
Dans un second temps, nous proposerons de les initier aux approches plurielles des langues parce qu’elles mettent en œuvre dans les activités la diversité linguistique de la classe. Cette méthodologie d’apprentissage permet d’inclure tous les élèves par une approche comparative des langues en leur faisant une place dans l’enseignement du français.