L’autobiographie langagière : un outil de formation des enseignants de langues. Le cas du projet Erasmus IRIS

Evangelia MOUSSOURI, Université Aristote de Thessalonique

Magdalini KOUKOULI, Université Aristote de Thessaloniki

Theophanoula BALITA , Université Aristote de Thessaloniki

Vasiliki KIMISKIDOU, Université Aristote de Thessaloniki

RÉSUMÉ

Notre proposition de communication résulte des recherches que nous menons actuellement au sein de l’équipe de recherche Pluralités du département de Langue et de Littérature Françaises de l’université Aristote de Thessalonique dans le cadre du projet Erasmus KA2 IRIS (Identifying and Reconstructing indivudal language Stories-Promoting plurilingualism and enhancing individual language repertoires).

Le projet centré sur la formation des enseignants, propose des outils de construction utiles pour améliorer les compétences des enseignants et des éducateurs travaillant dans des contextes multiculturels caractérisés par la présence d’individus plurilingues. L’objectif est de permettre aux enseignants d’aider leurs apprenants à prendre conscience de leur plurilinguisme, à développer leur compétence plurilingue et à rendre leur relation avec l’environnement d’accueil plus positive et inclusive.
Divers besoins nécessitent des réponses spécifiques et le développement professionnel des enseignants devient une priorité cruciale. IRIS a l’intention de se concentrer sur la formation initiale et continue des enseignants et des éducateurs afin qu’ils puissent acquérir une nouvelle vision du plurilinguisme en tant que patrimoine à préserver et source d’identités complexes.

L’outil de formation que le projet a adopté est les autobiographies langagières. La rédaction par les enseignants de leur autobiographie langagière personnelle et la réflexion sur celle-ci favorisera les compétences d’auto-évaluation et une nouvelle approche de l’apprentissage et de l’enseignement des langues. Par ailleurs, les enseignants pourront offrir des outils à leurs élèves pour produire leur autobiographie langagière et réfléchir sur eux, en reconnaissant et en valorisant tous les répertoires plurilingues dans leurs classes.

A partir de l’analyse de l’autobiographie langagière produite dans des groupes plurilingues et multiculturels, les formes d’intégration sociale et culturelle dans les contextes d’accueil seront identifiées, ainsi que la façon dont la transmission transgénérationnelle fonctionne.

Selon (Thamin et Simon, 2009), « Les biographies langagières donnent du sens aux contacts de langues pour pouvoir valoriser l’identité plurielle, pour s’ouvrir à l’altérité et développer le répertoire plurilingue et culturel du sujet. Elles éclairent ainsi les parcours d’apprentissage ». Castellotti (2017 : 42, 45) souligne aussi « la dimension formative » des autobiographies langagières en les considérant comme une "transformation en confrontation avec l’histoire et l’altérité des personnes, des situations et des langues qui s’instaure à travers une mobilisation/confrontation réflexive de leur expérience mutuelle, à travers les dimensions linguistico-culturelles".

Lors de notre communication, nous proposons de porter un éclairage sur les avantages réflexifs et formateurs de cet outil en abordant les questionnements suivants :
- Quelles activités pouvons-nous proposer aux enseignants dans le but d’exploiter et d’analyser les autobiographies langagières dans le cadre d’une formation à distance ?
- Quels sont les outils appropriés pour une formation à distance afin d’apprendre aux enseignants à rédiger leur propre autobiographie ?
- Comment amener les enseignants à travailler avec leurs élèves sur leurs autobiographies langagières dans le but de favoriser la conscientisation de leur plurilinguisme et des atouts qu’il offre à l’appropriation linguistique ?