La mise en œuvre et la restitution de l’expérience de mobilité académique encadrée : des lieux d’excellence altéritaire à construire ?

Marie-Françoise PUNGIER, Université Préfectorale d’Osaka

RÉSUMÉ

Les promoteurs de la mobilité académique (gouvernements, institutions académiques ou non) l’encouragent parce qu’ils posent qu’elle va permettre l’acquisition automatique de savoirs formels ou informels lors d’un séjour. Ils demandent alors aux étudiants d’en rendre compte.

Ceux-ci produisent alors des restitutions (Pungier 2014) pour la sphère publique, sans essayer de transformer la prescription institutionnelle en un ensemble narratif unique et personnalisé.

On se trouve alors face à une multitude de mises en mots ou en images (fixes ou animées) où la réussite de la mobilité individuelle est proclamée mais sans que les exemples convoqués étayent les discours.

De la même manière que les contenus d’entretiens menés par des chercheurs dévoilent trop souvent une forme d’immobilisme en ce qui concerne la dimension altéritaire de l’expérience (Dervin et Byram 2008), de la même manière ces restitutions révèlent de grandes faiblesses en la matière et trahissent un cloisonnement entre les co-acteurs de la mobilité.

Améliorer la qualité de la dimension altéritaire d’un séjour autant dans son effectuation que dans sa restitution pour la sphère publique serait-il impossible ?

Dans cette communication, partant des discours des acteurs institutionnels (Erasmus, Campus France, universités), de ceux produits par des étudiants mais aussi de ceux de chercheurs, nous donnerons d’abord des exemples d’insuffisance ou d’incohérence dans la dimension altéritaire d’expériences mobilitaires.

Nous faisons alors l’hypothèse d’un éclatement du phénomène mobilitaire entre deux pôles celui de la marchandisation et celui d’une nouvelle Bildung (Anquetil 2011) et d’une minimisation du rôle de l’enseignant de langue et de culture.

Face à cette situation, nous proposons alors de repenser la dimension altéritaire de la mobilité autant en théorie (personne et appropriation (Castellotti 2017)) qu’en pratique (Anquetil 2011 ; Nanaki 2009 ; Pungier 2017).